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Agrandissement de cuisine

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Type de projet: agrandissement de cuisine

Localisation: rue Durocher, Outremont

Description du projet de rénovation: La construction consiste en une rallonge ajoutée à la cuisine. L’intérieur et la fenestration pleine vitre de cette maison, qui date du début du XXe siècle, ont déjà été rénovés selon un style moderne très épuré.

Malgré les petites dimensions du projet (surface habitable de 7 pi x 14 pi), plusieurs détails complexes ont requis toute l’ingéniosité et tout le savoir-faire de l’équipe.

Selon le souhait des propriétaires, les travaux ont été réalisés en tenant compte des principes de maison saine et de développement durable.

Voici les caractéristiques de la nouvelle construction

  • éléments structuraux en bois reposant sur une fondation mitoyenne en béton ternaire et, en porte-à-faux, sur un pilier de soutènement, également en béton,
  • parements constitués d’un mur coupe-feu contigu à celui du voisin, en maçonnerie, et de deux murs avec revêtement de cèdre blanc de l’Est (l’un est aveugle, l’autre doté d’une porte et d’une grande fenêtre horizontale construite en encorbellement),
  • toit plat que couvrira ultérieurement un lit de végétation (toit vert) et structure en bois aérienne destinée à recevoir des plantes grimpantes.

Harmoniser : la clé du projet

L’harmonisation de la rallonge avec l’existant a été le fer de lance de tout le projet tant au plan structurel qu’esthétique.

  • À l’intérieur, le plafond de la rallonge coïncide parfaitement avec celui de la cuisine et le plancher se situe au même niveau que celui de la terrasse et de la cuisine. La plomberie au gaz (alimentant le four) et le chauffage à l’eau chaude ont été conservés.
  • À l’extérieur, la rallonge s’insère dans la structure du balcon du 2e étage, qui a été conservée, assurant la continuité architecturale avec le balcon mitoyen du voisin.
  • Les poutrelles en C (ou encore « fers C ») et la balustrade qui ceinturent le toit vert – les deux en acier galvanisé – se marient au portail du jardin, dans le même matériau.
  • Les barreaux de la balustrade reprennent les motifs du portail.
  • La patine du temps donnera au revêtement en cèdre un aspect grisâtre qui répondra à la couleur du portail, de la poutrelle, du mur en maçonnerie et de la clôture en bois gris.

Déjouer l’étroitesse en maximisant et en ouvrant l’espace

Plusieurs procédés ont été utilisés pour optimiser l’espace habitable

  • La plomberie a été installée dans le plancher (tuyaux de chauffage à l’eau chaude et tuyaux d’alimentation-évacuation d’eau).
  • Un long radiateur extra-plat de style dépouillé contribue à réduire l’encombrement.
  • Un soin particulier a été porté à l’isolation de façon à réduire au maximum l’épaisseur des murs tout en respectant le facteur énergétique R 24,5 requis avec l’élimination des ponts thermiques.
  • Le choix d’un vitrage surdimensionné élargit l’espace au plan visuel tout en apportant une belle luminosité. Par ailleurs, la grande fenêtre horizontale est construite en encorbellement pour que le seuil n’empiète pas sur la surface habitable. Autre avantage : cela a permis de construire un seuil suffisamment profond pour recevoir plantes et germinations.
  • La peinture blanche contribue à éclairer davantage l’espace.

Travailler la pureté des lignes

  • À l’intérieur, le plancher en merisier crée une continuité avec le reste du rez-de-chaussée à ouvertures pleine hauteur, le sol en céramique de la cuisine ayant été remplacé par du bois.
  • Un bâti rectangulaire a été construit autour de la cheminée de forme triangulaire, ce qui a permis de déplacer le tuyau de chauffage qui alimentait le 2e étage (et qui obstruait l’emplacement des meubles) dans l’espace ainsi créé tout en assurant, au plan visuel la continuité des lignes.
  • À l’extérieur, les lattes de cèdre embouvetées et coupées sur mesure par un artisan de l’île d’Orléans selon les spécifications des propriétaires, sont jointées à 45 ° pour ne pas briser l’horizontalité.

Miser sur les matériaux sains et le développement durable

  • La construction a été planifiée pour garder intact l’existant (terrasse et rampe, une partie du balcon du 2e étage). D’où le choix d’un pilier de soutènement en béton ternaire au lieu d’un mur en maçonnerie pour éviter que les travaux d’excavation créent des dommages importants au jardin tout en provoquant la démolition d’une partie de la terrasse.
  • Les matériaux ont été choisis dans une perspective écologique (pas ou peu d’émissions polluantes) et de développement durable. En particulier :
  • Les fondations sont en béton à contenu recyclé (aussi appelé béton ternaire ou béton vert) composé d’ajouts cimentaires pour remplacer le ciment. Ce béton surclasse le béton classique aux plans de la résistance, de la perméabilité, de la force et de la durabilité. Entre autres avantages, il dégage un air plus sain que le béton classique; il réduit la consommation énergétique tout en détournant des déchets des sites d’enfouissement.
  • le revêtement extérieur de deux murs est en cèdre blanc de l’Est. En plus d’être un bois local, ce cèdre est gardé à l’état brut sans aucun enduit car il possède une résistance naturelle aux moisissures et aux dommages causés par les insectes (ses composés aromatiques agissent comme agents de conservation naturels bloquant la croissance des champignons qui causent la carie).
  • Au plan de l’isolation, les fourrures des murs de 1 po x 3 po ont été posées avant le giclage de l’uréthane pour supprimer tout « rognage » éventuel et préserver ainsi de façon durable l’efficacité énergétique du matériau.
  • Le combustible au gaz naturel utilisé dans la partie existante a été conservé dans la rallonge tant pour la cuisson (four encastré) que pour le chauffage à l’eau chaude. Par ailleurs, placés dans le plancher et au centre de la construction, les tuyaux de chauffage optimisent la diffusion de la chaleur en créant un effet similaire à celui d’un plancher radiant. Un petit détail : les robinets des deux éviers ont été choisis à commande tactile par souci d’économie d’eau.
  • L’ossature du toit a été fabriquée selon les spécifications d’un ingénieur de façon à pouvoir supporter le lit de végétation en toute sécurité.
  • La surface du toit est en contreplaqué écologique de ¾ po d’épaisseur par souci de solidité.
  • Nous avons porté un soin particulier à l’étanchéité à long terme compte tenu de l’utilisation future du toit :
  • Les tiges filetées et les boulons d’assemblage du toit aux poutrelles ont été posés en premier. Puisqu’ils seront exposés à une forte humidité en raison du lit de végétation, ils sont en acier inoxydable. Une base surélevée en contreplaqué leur assurera une plus grande durabilité.
  • La membrane blanche du toit a été installée après coup et scellée autour de chaque tige en prévision d’une étanchéité maximale à long terme.
  • Le défi : la précision de l’emplacement de ces tiges, installées avant la fabrication des poutrelles en C, était capitale. Cela a été rendu possible grâce aux dessins d’atelier faits au début du projet et minutieusement suivis tant sur le chantier qu’en usine.
  • Le solin métallique faisant la jonction entre le lit de végétation du toit vert et le mur de la maison est de la même hauteur que les poutrelles en C. Il a été posé en deux morceaux afin que la partie exposée aux intempéries soit facilement remplaçable.
  • La gestion des déchets, un élément clé du développement durable en construction a été confiée à une entreprise spécialisée.

Enfin et surtout, qui dit développement durable dit planification rigoureuse, tous les détails énumérés précédemment laissant peu de place à l’amateurisme.

Un exemple pour illustrer ce principe : avant même les travaux de fondation, la structure du plancher a demandé des calculs complexes et très précis pour un alignement parfait avec le reste du rez-de-chaussée. Même minutie pour le plafond, car il n’était pas possible de faire jouer aux cloisons un rôle de camouflage, puisque toutes les ouvertures sont pleine hauteur.

Quant au jardin de fleurs, qui occupe tout le terrain arrière, il est resté intact à 90 % grâce aux clôtures de chantier présentes de l’étape d’excavation jusqu’à la fin des travaux.

Préserver les relations de bon voisinage de façon durable

Le sas d’entrée existant était solidaire de celui du voisin. Il a donc fallu rendre le bâti de ce dernier autonome tant au plan structurel que de l’étanchéité.

Par souci esthétique, une grille galvanisée a été posée sur le parement mitoyen en blocs de béton pour agrémenter la vue du voisin par des plantes grimpantes.

Cuisine agrandie Avant les travaux Agrandissement de cuisine, avant les travaux